La reine Margot

La reine Margot

Un film de Patrice Chéreau

Dimache 7 décembre 2025 à 18h00

Italie (1h45) (sorti en 1977)


Synposis : Août 1572 : Marguerite de Valois, sœur du Roi Charles IX est belle, jeune et catholique. Pour renforcer la France, Catherine de Médicis, sa mère, la marie de force au protestant Henri de Navarre. Mais le massacre de la Saint Barthélemy est là qui s'annonce. Sacrifiée à la raison d'état, Margot va connaître cependant l'amour avec un autre Huguenot : le Seigneur de la Mole.


Interview de Patrice CHEREAU:

 «J’ai choisi de faire comme si on ne savait rien de la Renaissance, comme s’il y avait un trou dans l’iconographie. [...] Les costumes ne sont pas authentiques, ils sont justes, pour le film; même chose pour les dialogues. Par ailleurs, j’ai été frappé des similitudes entre le récit et les histoires mafieuses: si un film m’a aidé, ce n’est pas un film historique mais Le Parrain de Coppola.»






Patrice CHEREAU

"Tout ce que je sais, tout ce que j'ai appris, c'est très peu de spectacles de théâtre et énormément de films. J'ai choisi le théâtre parce qu'il était à portée de main" confia en 1995 Patrice Chéreau aux Inrockuptibles. Fils cadet d'un peintre, cet adolescent introverti hante la Cinémathèque où il découvre Orson Welles et l'expressionnisme allemand, deux influences majeures. En 1964, il monte au lycée Louis Le Grand son premier spectacle, L'Intervention de Hugo, et suit des études de lettres classiques et d'allemand, avant de devenir animateur de troupe à Sartrouville (de 1966 à 1969), Villeurbanne (auprès de Planchon de 1971 à 1977), et au Piccolo Teatro de Milan (auprès de Strehler).

Patrice Chéreau s'essaie au cinéma en 1975 en signant un polar stylisé, La Chair de l'orchidéeadaptation d'un roman de James Hadley Chase. Plus personnel, son film suivant, L'Homme blessérévèle Jean-Hugues Anglade, dans le rôle délicat d'un jeune homosexuel tourmenté, et vaut au cinéaste et à son complice Hervé Guibert le César du Meilleur scénario en 1984.

Figure majeure du théâtre français, Chéreau devra toutefois attendre les années 90 pour parvenir à s'imposer comme cinéaste. En 1994, sa relecture sombre et sanglante de La Reine Margot remporte à Cannes le Prix du jury et un Prix d'interprétation pour Virna Lisi. Ancré dans la France d'aujourd'hui, le fiévreux Ceux qui m'aiment prendront le train (2000) témoigne encore de son talent de directeur d'acteurs et lui vaut un César du Meilleur réalisateur.


Une journée particulière

Une journée particulière

UN FILM DE ETTORE SCOLA

Dimanche 30 novembre 2025 à 18h20

Italie (1h45) (sorti en 1977)

accompagnée d'une conférence de Marie-Pierre Lafargue (proposé par Cinéphilae)

Synposis : 6 mai 1938, tout Rome célèbre la visite officielle d'Hitler. Contrainte de rester chez elle, l'épouse d'un militant fasciste fait la rencontre d'un voisin, un intellectuel homosexuel menacé de déportation. Portrait de deux êtres abandonnés, magistralement interprétés, qui parviennent à voler quelques instants de bonheur aux heures les plus sombres de l'Histoire.

Deux rencontres parallèles, celle de Mussolini avec Hitler et celle de Gabriele (Marcello Mastroianni) avec Antonietta (Sophia Loren). Deux histoires : celle avec un grand H, toile de fond à celle, intime, de deux personnes que tout semble opposer. Pourtant toutes deux sont isolées dans leurs appartements, alors que Rome entière assiste aux défilés à la gloire du Duce et du Führer.  Les performances magistrales de Loren et Mastroianni donnent vie à une réflexion sur l'amour, la solitude et la résistance, sur la résonance entre deux conditions que la société écarte et écrase.


Interview d'Ettore Scola:

  "À l’origine, ce fut ma première idée, j’avais pensé faire un film sur la condition de la femme et de l’homosexuel aujourd’hui puis j’ai pensé que peut-être l’histoire pouvait être encore plus exemplaire si cet isolement, si cette répression, étaient représentés non d’une manière seulement psychologique, mais vraiment d’une manière apte à montrer fortement l’aberration de cet isolement. Ce discours, déplacé dans le temps, situé sous une dictature, devenait, il me semble, plus exemplaire, plus clair pour tous."

"J’ai aussi choisi cette époque parce que je conserve une mémoire directe de la journée pendant laquelle se passe le film : je suis allé à la Via dei Fori lmperiali, j’ai défilé devant Hitler. J’avais six ans et demi et je me souviens de tout et surtout du martellement de la propagande qu’il y avait eu. Et de cela est né ce troisième personnage qu’il y a dans le film et qui est la radio".

"Un film d'une audace et d'une simplicité déchirantes."

La beauté déchirante du couple Loren-Mastroianni sublime la pellicule d'Ettore Scola"







Ettore Scola

Après une carrière de scénariste durant les années 50-60 (Le Fanfaron, Les Monstres, La Marche sur Rome…), Ettore fait ses débuts de réalisateur en 1964 avec Parlons femmes.  Très engagé à gauche et proche du Parti communiste, il aborde les sujets de ses films avec un regard critique et souvent amusé sur la société italienne. Avec Une journée particulière, il abandonne pour un temps son humour sardonique qu’il retrouvera sans hésitation avec Dino Risi dans Les Nouveaux Monstres la même année


FAMILIA

FAMILIA

de  Francesco Costabile

Samedi 22 novembre 2025 à 20h30

France (2h04) (sorti le 2( avril 2025)

Débat animé par du Côté des femmes 31

Synposis : Rome, début des années 1980. Licia élève seule ses fils Gigi et Alessandro, suite à une mesure d’éloignement de Franco, leur père dont la violence a marqué leur enfance. Gigi grandit en trouvant refuge auprès d’un groupe néofasciste et reproduit peu à peu le schéma paternel. Après dix ans d'absence, Franco réapparaît, bien décidé à retrouver sa place au sein de ce qu'il considère comme son foyer.
Interdit - 12 ans avec avertissement
D’après le livre de Luigi Celeste - Non sarà sempre così (Il n’en sera pas toujours ainsi).


Critique : Adapté d’un livre autobiographique de Luigi Celeste , le vrai "Gigi" , Francesco Costabile réalise là une oeuvre puissante sur la nature cyclique de la violence générationnelle associée à une Masculinité toxique ! 
Dans une mise en scène oppressante et éprouvante le réalisateur évoque sans fard la question des violences Conjugales et de ses conséquences , posant également la question de la transmission de la violence notamment à travers le parcours de l'un des fils ! capirex

Dès les premières images, Costabile nous happe dans ce tourbillon familial tragique qui tient autant du drame que du thriller psychologique. En quelques scènes, il nous montre l’horreur que fait vivre ce père violent à sa femme et vu par les yeux des enfants. Se déroulant sur une bonne décennie avec des ellipses admirablement négociées, « Familia » nous montre avec intelligence, l’atavisme de la violence et le cercle infernal qu’elle induit dans le noyau familial. Aussi bien un film sur l’emprise exercée par un mari sur sa femme et les violences conjugales qu’elle convoque qu’une démonstration d’une certaine généalogie de la violence - puisque Gio se complait plus tard dans un groupe ultra violent - le film frappe fort et juste sur tous les versants.

La mise en scène du cinéaste italien primé au Festival de Venise pour ce long-métrage d’une intensité étouffante est d’une précision chirurgicale rare. Le cadrage et les focales choisies avec cette caméra se rapprochant (et emprisonnant) ses personnages sont indubitablement marquants. Et la bande sonore, terriblement anxiogène et composée de cordes stridentes et de bruits oppressants, participe beaucoup à la tension distillée par le film. Le spectateur est constamment sur le qui-vive, balancé entre la peur que Gio rechute ou que ce père effrayant revienne distiller son poison au sein de la famille. Comme si on laissait entrer le loup dans la bergerie.

Pour que cela prenne, il fallait un quatuor d’acteur au firmament et c’est le cas. Le jeune Francesco Gheghi est d’une énergie tantôt positive, tantôt négative, mais toujours incroyable comme une cocotte-minute prête à exploser quand Francesco Di Leva est le père le plus tétanisant qu’on ait vu au cinéma depuis des lustres. Ils sont épatants, laissant des miettes à leurs partenaires, bien que Barbara Ronchi soit clairement à la hauteur.

On passe donc deux heures qui filent à une vitesse folle comme hypnotisé par cette tragédie à quatre qui parvient aussi bien à nous bouleverser qu’à nous angoisser. Plusieurs séquences sont véritablement oppressantes à tel point qu’on pourrait se croire dans un thriller policier ou un film d’horreur. Mais « Familia » montre également avec une efficacité et une clarté indéniable les mécanismes et les ravages de l’emprise, de la violence et de la manipulation psychologique. Un très grand film avec une réalisation au cordeau que seule l’épilogue pourrait paraître un peu grandiloquent quoique libérateur. Encore une preuve du renouveau d’un cinéma italien en pleine vitalité. Fiers R.







Au début des années 80, à Rome, Licia élève seule ses deux fils. Son mari, violent, contraint à l’éloignement revient pourtant quelques années plus tard, alors que Gigi, l’aînée, enchaîne bêtises et mauvaises rencontres. Avec ce film, Francesco Costabile raconte le drame et le traumatisme que provoquent les violences conjugales, et la peur qui paralyse les victimes. Un film choc bouleversant.Arthur Brondy