Presque Libre

 

Presque Libre

d'Olivier Bertrand

Dimanche 29 mars 2026 à 10h30


La projection de Presque libre sera précédée d’un court métrage documentaire de Pascal Marc, intitulé La vie du dehors.

 
 
Présentation : Christian VALADE

Synposis : Dans la Montagne noire, une ferme accueille des hommes sortant de longues peines de prison. Pendant deux ans, ils viennent travailler au maraîchage, au bûcheronnage, pour réapprendre la liberté, apprivoiser la vie sans barreaux, sans gardiens. Ils vivent sous le regard du village, avant d'affronter celui que la société pose sur d'ex-détenus. Certains rechutent. Les autres se débarrassent des codes de cet univers carcéral qui vous colle à la peau, après de longs séjours.

À propos du film:

Réalisé par Olivier Bertrand, Presque Libres, donne à voir, pendant 52 minutes, le parcours de ces hommes, et particulièrement celui de Karim, de Sébastien et de Sophiane, à travers leur cheminement vers la réinsertion, teinté de doutes et d’espoir.

Le réalisateur a travaillé le projet en immersion durant trois ans, au contact des hommes accueillis au sein de la ferme Emmaüs et de l’équipe qui les accompagne. Il a souhaité témoigner de l’état d’esprit que traversent les personnes détenues en fin de peine et interroger la manière dont se prépare leur sortie définitive.

Biographie:

Olivier Bertrand, né le 1er avril 1964, est un journaliste et réalisateur français. En 2000, il devient correspondant pour Libération à Lyon où il restera 10 ans. Ensuite, il s’installe à Marseille et relate pour le journal l’actualité de PACA et de la Corse. Parallèlement, il réalise plusieurs documentaires pour la télévision comme Un soir d’été, Un étranger et Vaulx-en-Velin, la cité retrouvée. En 2015, après 23 ans à Libération, il quitte le journal pour co-fonder Les Jours, un site web d’informations. Le 11 novembre 2016, alors qu’il effectue un reportage dans la province de Gaziantep en Turquie, il est arrêté et placé en garde à vue par autorités turques, officiellement pour ne pas avoir demandé d’accréditation à la Direction générale de la presse et de l’information pour un reportage près de la frontière syrienne. On lui reproche aussi des écrits en faveur de la confrérie de Fethullah Gülen, instigateur désigné de la tentative de coup d’État de 2016 en Turquie. Il est libéré trois jours plus tard et expulsé vers la France.

Court métrage 

La projection de Presque libre sera précédée d’un court métrage documentaire de Pascal Marc, intitulé La vie du dehors.

Ce court métrage évoque avec une grande pudeur la difficulté de « vivre dehors » lorsque l’un des parents est incarcéré : la solitude, l’éloignement géographique, la charge quotidienne pour la mère, le lien fragile avec les enfants, et l’usure du temps. Il met en lumière l’impact de l’incarcération non seulement sur la personne détenue, mais aussi sur celles et ceux qui restent, souvent invisibles.


Soirée espagnole du 7 avril 2026

Les associations Associations des Arts et Loisirs & Vive le Cinéma Muret vous invitent à une soirée espagnole le 7 avril 2026 à partir de 17h30, avec deux films en avant première et un repas espagnol.

Organisation
  • 17h30 -  Un Poète de Simón Mesa Soto
  • 20h – Dîner espagnol
  • 21h – Les Dimanches de Alauda Ruiz de Azúa
  • Réservation

À l’affiche :

  • 17h30 -  Un Poète de Simón Mesa Soto avec Ubeimar Rios, Rebeca Andrade, Guillermo Cardona
  • Présentation
  • Synopsis :  Un poète désabusé voit sa vie transformée par la rencontre d’une adolescente au talent d’écriture exceptionnel


En savoir plus

Un Poète, réalisé par Simón Mesa Soto, propose un portrait sensible et mélancolique d’un homme qui persiste à croire à la poésie dans un monde qui semble ne plus lui faire de place. Le film met en scène un personnage fragile et profondément humain, interprété par Ubeimar Rios, entouré notamment de Rebeca Andrade et Guillermo Cardona.

L’histoire suit un homme qui se définit avant tout comme poète, mais dont la vie est marquée par la précarité, les doutes et les désillusions. Dans une société dominée par l’efficacité et la réussite matérielle, sa fidélité obstinée à la poésie apparaît presque comme un acte de résistance. Entre rêves et réalité, il tente de préserver un espace intérieur où les mots et l’imaginaire conservent leur pouvoir.

La mise en scène de Simón Mesa Soto privilégie les instants du quotidien, les silences et les regards. Cette approche intimiste donne au film une grande authenticité et invite le spectateur à partager la sensibilité de son personnage. L’interprétation tout en retenue d’Ubeimar Rios renforce cette impression de vérité et de proximité.

Né à Medellín, Simón Mesa Soto s’est fait connaître internationalement avec son court métrage Leidi, Palme d’or du court métrage au Festival de Cannes en 2014. Avec Un Poète, il poursuit son exploration d’un cinéma profondément humain, attentif aux existences modestes et aux rêves fragiles.

À travers ce film, le réalisateur rappelle que la poésie ne se limite pas aux livres : elle peut aussi surgir dans les gestes simples, dans les rencontres et dans la persistance d’un regard sensible sur le monde. Un Poète apparaît ainsi comme une œuvre délicate et profondément émouvante, qui interroge la place de l’art et de la création dans notre société.

20h – Dîner espagnol

  • Anchois marinés, jamon y queso sur pan con confit de tomate
  • Patatas bravas, chorizo chaud au vin rouge, salade mesclun
  • Dessert "Brazo de gitano"
  • Pain
  • Vin rouge ou vin blanc

21h – Les Dimanches de Alauda Ruiz de Azúa

  • Présentation
  • Synopsis : Ainara, 17 ans, annonce à sa famille son souhait d’entrer au couvent, bouleversant l’équilibre familial.

En savoir plus

Le film Les Dimanches, réalisé par la cinéaste espagnole Alauda Ruiz de Azúa, s’inscrit dans la continuité d’un cinéma intimiste qui observe avec finesse les relations familiales et les transformations intérieures des personnages.

Le récit se déploie autour d’un rituel simple : les réunions familiales du dimanche. Ces moments apparemment ordinaires deviennent peu à peu le théâtre d’émotions plus profondes. Derrière les conversations banales, les gestes quotidiens et les silences se révèlent les tensions, les interrogations et les aspirations de chacun.

Comme dans son précédent film Cinco lobitos, qui avait été très remarqué pour son regard sensible sur la maternité et la transmission, la réalisatrice s’intéresse ici aux liens invisibles qui unissent les membres d’une famille. Elle filme avec délicatesse les moments de fragilité, les doutes, mais aussi les élans d’affection qui traversent les relations familiales.

La force du film réside dans sa capacité à transformer un cadre familier en espace de réflexion sur la vie adulte. Les dimanches deviennent un temps suspendu, où les personnages prennent conscience de leurs choix, de leurs responsabilités et de leurs désirs parfois contradictoires. Les non-dits, les regards et les silences en disent souvent plus que les paroles.

La mise en scène privilégie la proximité avec les personnages. La caméra observe les gestes simples : un repas partagé, une discussion dans la cuisine, un moment de solitude. Cette approche donne au film une grande authenticité et permet au spectateur de reconnaître des fragments de sa propre histoire familiale.

Avec Les Dimanches, Alauda Ruiz de Azúa confirme son talent pour filmer l’intime. Son cinéma, à la fois discret et profondément humain, explore les transformations silencieuses qui façonnent nos vies. Le film rappelle ainsi que les grands bouleversements existent souvent dans les moments les plus ordinaires.

Ce regard sensible sur la famille et le temps qui passe fait de Les Dimanches une œuvre touchante et universelle, où chacun peut retrouver un peu de sa propre histoire

Tarif : 38 € (comprenant les deux films + le repas)

Réservation obligatoire avant le 3 avril sur le site de Vive le Cinéma Muret (dans la limite des places disponibles). Un billet électronique vous sera envoyé par e-mail avec QR code. Il sera également possible d’acheter des places pour les films directement sur le site de Véo Muret.

Venez vivre une immersion espagnole à travers le cinéma et la gastronomie !


Ingeborg Bachmann

 

Ingeborg Bachmann

de Margarethe Von Trotta

Jeudi 26 mars 2026 à 21h

(sorti 07 mai 2025 - 1h50min)


Présentation :  Edith
 
Les associations PJE et Vive le Cinéma Muret vous invitent, dans le cadre de la Semaine littéraire du Prix du Jeune Écrivain, à une projection unique et un temps d’échange autour du film de Margarethe Von Trotta consacré à la grande poétesse autrichienne Ingeborg Bachmann, le jeudi 26 mars 2026 à 21h.
 

Synposis : À trente ans, la poétesse autrichienne Ingeborg Bachmann est au sommet de sa carrière lorsqu'elle rencontre le célèbre dramaturge Max Frisch. Leur amour est passionné mais des frictions professionnelles et personnelles commencent à perturber l'harmonie.

 


Interview Margarethe Von Trotta:

 Raconter des histoires dans des flashbacks vous permet de décrire uniquement les
moments que vous considérez importants et pertinents. Cela m’a également permis d’avoir deux chronologies distinctes : le moment où Bachmann traverse le désert, se sentant d’abord faible et malade. En fin de compte, elle ressentira un sentiment de libération. Et puis il y a l’histoire avec Frisch qui va à l’encontre de cela : il commence dans l’euphorie et se termine tristement.

J’avais vu Vicky Krieps dans Phantom Thread, et je pense que Ronald Zehrfeld est l’un des acteurs les plus sensibles d’Allemagne, malgré son physique imposant. J’ai essayé de trouver un acteur suisse pour jouer Frisch, mais aucun n’a été aussi convaincant que Ronald. Pour le rôle de Bachmann, j’avais besoin d’une actrice capable de passer rapidement du très sérieux au sourire éclatant. J’avais vu cela à plusieurs reprises dans des images documentaires de Bachmann. Par exemple, elle a fait ce commentaire très négatif sur les hommes, et le journaliste qui l’interviewait était visiblement choqué. Mais ensuite elle affiche son sourire radieux et dit: « Vous ne le saviez pas ? » Et seule Vicky Krieps pouvait offrir ce sourire comme je le voulais.

 

 Interview de l'actrice Vicky Krieps:

Pour moi, Ingeborg Bachmann est l’une des plus grandes poétesses de tous les temps. Oui, bien sûr, je connaissais son œuvre, mais hormis sa correspondance avec Paul Celan, je ne connaissais rien de sa vie privée. C’était horrible d’apprendre combien elle avait souffert pour être libre et comment sa croyance en l’amour avait été brisée.

Plus que toute autre chose, Ronald était pour moi une chose : inattendue. Et c’est précisément ce qui compte. Parce que c’est ce qui me donne vraiment envie de connaître quelqu’un. J’avais toujours imaginé Max Frisch comme un personnage plus
faible, beaucoup plus tendu et sur la retenue. Mais dès le premier jour où nous nous
sommes assis autour de la table avec Simone Bär et Alexandra Montag, j’ai vu que ça allait marcher. Margarethe a eu cette vision dès le début, et je dirais qu’elle avait raison ! À partir de ce moment-là, ce fut un plaisir total et tellement simple de « travailler » avec Ronald – ou, comme j’aime à le dire, de « danser » avec lui.

 


 Biographie:

Issue d'un milieu aristocrate pauvre mais cultivé, Margarethe Von Trotta rejoint Paris en 1961 pour y travailler comme jeune fille au pair. C'est là qu'elle se découvre, dans les cinémas du Quartier latin, une véritable passion pour le 7e art, en allant voir les œuvres d'Ingmar Bergman. Elle part alors à Munich suivre des cours de théâtre, puis fait ses premiers pas au cinéma en 1967 en décrochant le rôle principal de Tränen trocknet der Wind.

Sa carrière prend un tournant décisif en 1969 en Allemagne. Influencé par les cinéastes de la Nouvelle Vague française, le cinéma allemand est alors en pleine effervescence, partagé entre une remise en cause radicale de ses fondements et de sa fonction. Elle fait la rencontre de Rainer Werner Fassbinder, qui lui offre un rôle dans Les Dieux de la peste. Ils collaborent à nouveau ensemble sur le tournage du Soldat Américain en 1970, puis sur Prenez garde à la sainte putain.

Douloureusement marquée par l'Histoire de son pays, Margarethe Von Trotta signe des œuvres engagées. En 1981, elle réalise Les Années de plomb. Inspiré de faits réels, le film dépeint sans concession une Allemagne qui a fait table rase de son passé et en proie au terrorisme des années 1970. Plébiscité par le public et la critique, le film remporte le Lion d'or à la Mostra de Venise. Avec Rosa Luxemburg  (1985), elle brosse le portrait de la femme allemande et révolutionnaire qui fut assassinée au début des années 1920 ; tandis que Les Années du mur (1995) s'inscrit dans le cadre d'une Allemagne enfin réunifiée.

A partir des années 2000, elle s'investit davantage dans l'écriture et la réalisation de téléfilms, dans lesquels les personnages féminins ont toujours une place toute particulière, notamment dans Die andere Frau (2004), où elle retrouve devant la caméra sa complice Barbara Sukowa, dirigée à plusieurs reprises pour le grand écran. Côté cinéma, elle continue son introspection du passé de son pays avec Rosenstrasse (2003), avant de changer de registre en réalisant le torride Je suis l'autre (2006).