L'ourse et l'oiseau

 

L'ourse et l'oiseau

de Marie Caudry

Mercredi 11 mars 2026 à 15h30

(sorti 18 février 2026 - 41min)

Goûter offert  par Vive le Cinéma à Muret

Synopsis: Quatre ours, quatre contes, quatre saisons: qu’ils soient immenses, ensommeillés ou gourmands, les ours savent aussi être tendres. À leurs côtés, un oisillon malicieux, un petit lapin friand de noisettes ou encore un oiseau sentimental vivent des aventures extraordinaires. Tout doucement, ils découvrent le bonheur d’être ensemble.


Interview:

M.C: Lors d’un voyage à Madrid, j’ai été marquée par unefresque découverte au musée du Prado. On y voit une ourse rouge flottant au-dessus d'un demi-cercle. Cette figure m’a longtemps hantée et j’ai réalisé une série de petites peintures mettant en scène ce personnage. Gauthier a eu envie de développer une histoire autour de ce fauve d’une grande douceur et a imaginé cette relation épistolaire retraçant le voyage de l’Ourse, qui souhaite rejoindre son Oiseau.

G.D: Lorsque nous vivions en Ardèche, nous étions très attentif·ves à notre relation avec les animaux sauvages, que nous croisions souvent en forêt. Les formes des collines, vues depuis les hauteurs, nous évoquaient des corps immenses de bêtes endormies. J’ai d’abord conçu l’intrigue, mais je souhaitais que Marie décide de l’itinéraire de l’Ourse en laissant libre cours à ses envies de dessin. L’écriture des lettres a découlé de ma découverte de ses dessins de paysages merveilleux.

Nous avons choisi de creuser la relation entre les deux personnages pour L’Ourse et l’Oiseau et de nous concentrer davantage sur le moment délicat de la séparation pour mettre en valeur cette amitié.

Dans L’Ourse et l’Oiseau, la question centrale est celle de la compréhension d’un être que l’on admire et que l’on aime, mais dont la culture et la manière de vivre diffèrent profondément des nôtres. L’animation permet d’accentuer ce contraste: l’Ourse, lourde, sédentaire et peu bavarde malgré sa force immense, et l’Oiseau, léger, volubile et voyageur. Ici, la différence devient un terrain d’attachement et de fascination, plutôt qu’un motif de rejet. Les difficultés naissent davantage de la physiologie des personnages et de la remise en question des habitudes propres à leurs univers. L’aventure dans le monde et la compréhension de l’autre sont au cœur de notre travail.


Biographie:

Marie Caudry a illustré une trentaine d’albums jeunesse pour des maisons d’édition françaises et étrangères. Elle aime semer dans ses dessins foisonnants des indices qui permettront une lecture sans cesse renouvelée.

Gauthier David est l’auteur d’une quinzaine d’albums et de romans jeunesse. Ensemble, les deux complices ont imaginé plusieurs albums dont Les Lettres de l’ourse et Coco Mocotte (Casterman). L’Ourse et l’Oiseau est leur premier film d’animation.

Marie et Gauthier prolongent également leur univers à travers des spectacles dessinés, des expositions et des ateliers.



 

Les voyages de Tereza

 

Les voyages de Tereza

de Gabriel Mascaro

Mercredi 04 mars 2026 à 20h30

(sorti 11 février 2026 - 1h26min)


Présentation : Equipe du Festival International du Film de Muret, présentation Rémi COLLU

Synposis : Tereza a vécu toute sa vie dans une petite ville industrielle d’Amazonie. Le jour venu, elle reçoit l’ordre officiel du gouvernement de s’installer dans une colonie isolée pour personnes âgées, où elles sont amenées à «profiter» de leurs dernières années. Tereza refuse ce destin imposé et décide de partir seule à l’aventure, découvrir son pays et accomplir son rêve secret…



 

Interview Gabriel Mascaro : 

LES VOYAGES DE TEREZA est un film sur le droit de rêver, mettant en scène une protagoniste âgée qui décide de ne pas accepter le destin que quelqu’un d’autre, en l’occurrence l’État, a tracé pour elle. Je voulais réaliser un film qui soit une ode à la liberté, mettant en scène une septuagénaire rebelle confrontée à son isolement imminent dans une colonie pour personnes âgées, et proclamant qu’il n’est jamais trop tard pour trouver un nouveau sens à la vie. Je trouve qu’il est inhabituel de voir des protagonistes âgés au cinéma, en particulier dans les dystopies et les films fantastiques. On a souvent l’impression que la rébellion contre le système est une affaire de jeunesse, comme si la quête de maturité et la recherche de sa place dans le monde devaient être des rites de passage réservés uniquement aux lycéens ou aux jeunes adultes. Ici, je voulais montrer la vitalité du corps âgé.

Petit, je vivais dans une maison avec beaucoup de monde et mes grands-parents ont toujours fait partie de ma vie. Ma grand-mère a appris à peindre à 80 ans, après le décès de mon grand-père, et voir ce genre de choses a changé ma perspective sur le vieillissement. Cela m’a montré comment les personnes âgées peuvent partir à la découverte d’elles-mêmes et opérer des changements significatifs, voire impressionnants ou étonnants.

Les récits auxquels nous sommes habitués dépeignent la vieillesse comme une période d’isolement douloureux ou de déclin physique. Dans de nombreux cas, le passé devient une force motrice dans ces histoires, motivant le protagoniste à rechercher un but ultime, peut-être pour lui permettre de mourir en paix. Ces histoires sont souvent empreintes d’une nostalgie et d’une fatalité sous-jacentes, où la mort façonne inconsciemment la tension narrative. Mon film raconte un voyage, avec des éléments d’aventure et de fantaisie, et une re-connexion avec son désir de liberté. C’est un «boat-movie» sur le vieillissement et les rêves, avec des femmes âgées au centre de l’intrigue.

Je pense que LES VOYAGES DE TEREZA aborde indirectement de nombreuses questions contemporaines sérieuses et délicates, notamment celles liées au déplacement forcé de personnes, de groupes ou d’ethnies au nom d’un projet étatique. Dans mon film, il s’agit de l’exclusion des personnes âgées, mais cela peut également toucher de nombreux autres groupes de personnes. Cela va de la gentrification à l’expulsion des communautés autochtones de leurs terres à des fins économiques, en passant par les guerres pour gagner du territoire ou encore le traitement réservé aux réfugiés et aux migrants. Mais avant tout, je voulais réaliser un film exaltant le présent et saisissant l’élan vital qui est en chacun de nous. Un film sur le personnage d’une femme – une mère, une grand-mère, âgée, mais qui ne se limite pas à une identité fixe. Tereza incarne le désir de vivre ce voyage, la volonté d’éprouver de nouvelles identités et de vivre de nouvelles expériences de manière unique, originale et non dogmatique. 

Biographie : 

Gabriel Mascaro est un réalisateur et scénariste né en 1983 à Recife. Ses films ont remporté plus de 50 prix internationaux. Rodéo a été sélectionné parmi les 10 meilleurs films de 2016 par le New York Times. La même année, son œuvre a fait l’objet d’un rétrospective au Lincoln Center de New York. En 2019, son film Divine Love a été projeté dans la section Panorama de la Berlinale. En 2025, Les Voyages de Tereza remporte le Grand Prix – Ours d’Argent à la Berlinale.

 Critique presse :

Les Fiches du Cinéma: Gabriel Mascaro confirme son talent avec ce conte moderne, qui enveloppe des positionnements politiques bien énervés dans le velours d’une approche cool, esthétique et poétique.

Libération: Drôle, mélancolique, gentiment absurde, les "Voyages de Tereza" évoque au long de sa formidable balade plusieurs sujets d’envergure – l’âgisme, la gentrification, les déplacements de population – mais doit sa réussite au fait qu’il ne s’éloigne jamais de son sujet profond : la liberté, partout, par tous les moyens et au présent.

Positif: Fable politique à l'humanité chaleureuse et à la photographie envoûtante, "Les Voyages de Tereza" fait partie de ces films qui nous font quitter la salle plus légers que lorsque nous y sommes entrés.

 


La maison des femmes

La maison des femmes

de  Mélisa Godet
Avec Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara

Dimanche 8 mars 2026 à 10h30


Programme
  • 10h30 : Présentation de la matinée 
  • 10h35 : Chants par Les cinq continents
  • 10h50 : La Maison des Femmes de Mélisa GODET
  • 12h40 : Débat avec Du côté des femmes de la Haute-Garonne 
  • 13h20 : Apéro citoyen à l'étage
Modératrice : Virginie HOUADEC (sociologue)

Réservation

La maison des femmes
  • Synopsis : À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.



En savoir plus sur La maison des femmes

Naissance du projet

La naissance du projet remonte à fin 2016, lorsque Mélisa Godet a entendu, à la radio, la gynécologue obstétricienne Ghada Hatem parler de la Maison des Femmes qu’elle venait de créer à Saint Denis : "Des parcours de soin et des différents professionnels, médecins, psychologues, avocats, juristes, policiers, artistes parfois… qui y croisaient leurs compétences et leur énergie pour aider les femmes victimes de violence à se reconstruire."

"En tant que femme et citoyenne, je me suis dit que c’était formidable qu’un tel endroit puisse exister. Et, en tant que scénariste et réalisatrice, j’ai tout de suite pensé que ça ferait un sujet de film génial, le genre de sujet que j’avais envie de porter au cinéma. Un film choral, un film avec du fond sur un sujet important et un film lumineux aussi. Le sujet m’est resté en tête…"

Convaincre une héroïne réelle

Ghada Hatem était au départ réticente à l’idée de devenir un personnage de fiction. Ce n’est qu’en arrivant avec un traitement détaillé du film que la réalisatrice a réussi à la convaincre : "L’avantage est que, pour que cet endroit existe, Ghada a dû et doit encore faire beaucoup de bruit pour faire parler de la Maison des Femmes et de ce qui s’y pratique."

"J’avais donc accès à une énorme masse de documentation. Je suis venue la voir avec un premier traitement, comme base de discussion et gage de notre sérieux. Ghada s’est peu à peu laissé convaincre. En posant une condition : elle tenait à ce que le personnage qui allait la représenter soit complètement assumé comme un personnage de fiction."

Le prisme des soignants

L’approche du film, focalisée sur les soignants de la Maison des Femmes, constitue un choix narratif important. Mélisa Godet a pris la décision se centrer sur le prisme des soignants, ce qui laissait de côté la représentation directe de la violence : "Cette maison, j’avais envie de la montrer en fonctionnement, bouillonnante de vie et d’activités, avec des équipes rodées et des patientes à différents stades de leurs parcours de soin."

"J’avais une conviction : je ne filmerais pas de séquences de violence. Ce n’était pas l’endroit où je voulais aller. Je ne voulais pas faire de ces violences une matière esthétique", se rappelle la cinéaste.


Lieux de tournage

Les scènes dans le hall, dans le bureau des psys et dans la salle d’activité ont été tournées à la Cité Le Refuge, un centre social de l’Armée du Salut dans le treizième arrondissement de Paris. Mélisa Godet se souvient : "Et on a reconstitué le reste dans une entreprise désaffectée à Bry-sur-Marne. Je ne me voyais pas tourner à La Maison des Femmes en leur disant : « Poussez-vous ! On arrive ! On fait du cinéma ! ». Ces gens travaillent."

Préparation pour Karin Viard

En guise de préparation, Karin Viard s’est beaucoup nourrie d’interviews et de podcasts sur Ghada et son action. Par contre, la comédienne ne voulait pas la rencontrer par peur d’être dans l’imitation. Elle préférait proposer sa propre lecture du personnage : "Physiquement, Karin et Ghada ne se ressemblent pas du tout, mais Karin a très bien capté l’énergie et ce que pouvait être un bulldozer inarrêtable dans ce genre d’endroit", raconte Mélisa Godet. Elle ajoute :

"D’ailleurs, quand les équipes de Ghada ont vu le film, elles ont eu cette réaction : 'Mais c’est vraiment toi !'. Tout au long du tournage, l’équipe technique a été à l’unisson, dans la bonne énergie. Concentrée et silencieuse, en soutien total quand les actrices avaient à livrer des choses difficiles et trouvant vraiment de la joie à tourner les séquences de comédie. Tout le monde s’est retrouvé dans une gentillesse, une bienveillance généralisée et aussi beaucoup de drôlerie."

Dossier de presse