La Panthère Rose

 

La Panthère Rose

de Blake Edwards
Avec Peter Sellers, David Niven, Robert Wagner, Claudia Cardinale

Dimanche 19 avril 2026 vers 18h

(sorti 4 mars 1963 - 1H53) 

 


Présentation : Vive le Cinéma

Synposis : L'inspecteur Clouseau est une véritable catastrophe ambulante. Il est depuis des années à la poursuite d'un insaisissable cambrioleur de grand style, surnommé «le Fantôme». Chargé de la protection du diamant «la Panthère rose», possédé par la princesse Dahla, il se rend avec sa femme dans la station de ski italienne de Cortina où se trouve déjà la princesse, objet de toutes les attentions de sir Charles Lytton, un mondain britannique, et de son neveu George.

 


 À propos du film:

La destinée de l’inspecteur Clouseau est née de l’imagination de Maurice Richlin et Blake Edwards, qui avaient déjà travaillé ensemble auparavant. Ils ont eu l’idée de donner vie à un inspecteur européen chassant inlassablement un voleur de bijoux. Blake Edwards voulait Audrey Hepburn, avec qui il avait tourné Breakfast at Tiffany's, pour jouer la princesse. Le rôle principal était depuis le début pour David Niven alors qu’Ava Gardner prenait place à côté de Peter Ustinov pour incarner les époux Clouseau. Cinq semaines avant le début du tournage, Ava Gardner se retire du projet et Capucine la remplace. Une première défection qui sera suivie de celle de Peter Ustinov une semaine avant le premier clap. Blake Edwards se retrouve sans inspecteur Clouseau et sans idée de remplacement quand un agent lui souffle de prendre Peter Sellers. Le réalisateur l’avait alors vu dans un seul rôle et n’était pas convaincu que l’acteur ferait l’affaire. Il décide quand même de le prendre à l’essai. Un choix qui sera couronné de succès car non content d’immortaliser le célèbre inspecteur, Peter Sellers a également beaucoup participé à l’élaboration des nombreux gags qui sillonnent les différents épisodes de la série. Une longue et fructueuse collaboration venait de voir le jour, et si Peter Sellers n’a tourné que dans cinq des huit films de la série (sa présence dans A la recherche de la Panthère Rose étant composée d’images d’archives), c’est que la mort l’en a empêché.

Les deux autres incontournables piliers de la série sont la fameuse panthère rose et l’inoubliable thème musical qui rythme les films. Au départ, la Panthère Rose est le nom du diamant, objet de convoitise «du Fantôme». C’est à l’initiative de Blake Edwards ou de son oncle, le réalisateur n’est plus très sûr, que la Panthère Rose est devenue beaucoup plus que cela. Blake Edwards contacte David DePatie et Isadore Freleng, des spécialistes du cartoon, et leur demande de créer une panthère, image de marque du film. Les deux se concertent avec leurs designers et fournissent plus de cent dessins différents au réalisateur, qui optera pour celui d’Hawley Pratt. La panthère a maintenant une silhouette. Non contente de figurer sur les cartes de visite, la féline est l’attraction principale du générique et à l’issue du premier test avec le public, c’est un immense succès. Tant et si bien que la panthère sera également l’héroïne de cartoons et gagnera ainsi une vie indépendamment du film, mais ceci est une autre histoire. En ce qui concerne la musique, Blake Edwards voulait un thème à la fois chaud et qui swingue. Henry Mancini a donc l’idée du saxophone ténor et c’est Plas Johnson qui interprétera le thème devenu entre-temps aussi célèbre que les films.

Qui est vraiment Clouseau ? Peu d’indices sont donnés sur ses antécédents et sur sa vie. Depuis l’échec de son mariage, il passe de femme en femme et nulle mention n’est faite de famille mis à part une grande tante. Ainsi, à la fin de La Malédiction de la Panthère Rose, le spectateur apprend qu’il est devenu détective car celle-ci se serait fait enlever par un phrénologiste arménien sans licence qui aurait réclamé une rançon pour la libération de la dame. Mais que cela dit "ce n’est pas quelque chose qu’on décide chaque jour de la semaine". Le personnage doit tout à Peter Sellers, qui est Clouseau plus que n’importe quel autre acteur ne le sera jamais. Ainsi Blake Edwards lui dédie A la recherche de la Panthère Rose avec ces mots: "A Peter le seul et unique inspecteur Clouseau". Peter Sellers a créé le personnage de Clouseau de toutes pièces, cet accent qu’il est allé chercher à Paris dans une loge de concierge, cet humour physique qu’il partage avec Blake Edwards, ses grandes capacités faciales qu’il tenait de son idole Stan Laurel, le tout combiné à une grande souplesse d’improvisation et à des scénarios finement écrits - les jeux de mots se renouvelant à chaque film. Plus de trente ans après, il est toujours aussi agréable de suivre le farfelu inspecteur, de le voir demander à un chauffer de taxi de suivre une voiture et celui-ci de sortir de son véhicule pour courir derrière la voiture, chose qu’il fera encore en arrière plan dans une scène quelques minutes plus tard dans le film, ou encore de rire à des gags pourtant déjà connus. Peter Sellers est mort, vive l’inspecteur Clouseau.



Biographie:

Son grand-père et son père travaillant dans la mise en scène et la production cinématographique, Blake Edwards fait rapidement ses premiers pas dans cet univers. En 1942, il est à la fois coursier et figurant. Il obtient notamment de petits rôles dans Les Sacrifiés de John Ford (1945) et Les Plus Belles Années de notre Vie de William Wyler (1946). Parallèlement, il écrit pour la radio et la télévision. En 1948, il devient le scénariste attitré de Richard Quine. Il devient scénariste et réalisateur dès 1955, pour deux comédies musicales pour le chanteur Frankie Laine.

1957 est une date-clef dans sa carrière: il écrit et réalise L'Extravagant Monsieur Cory. Ce film lui permet de s'affirmer en tant que cinéaste. Il marque aussi sa rencontre avec le musicien Henri Mancini. Peu après, il trouve un autre collaborateur de choix en la personne de Tony Curtis qu'il métamorphose dans Opération Jupons. Le film rencontre un immense succès. Blake Edwards triomphe de plus belle avec La Panthère Rose, un de ses films phares, dans lequel le burlesque côtoie le non-sens. Peter Sellers y interprète avec brio un inspecteur de police français qui accumule les gaffes. Il reprend un rôle similaire dans La Party. le film est une énorme farce, source intarissable de fous rires.

Il connaît quelques échecs commerciaux notamment avec Deux hommes dans l'Ouest (1971) et Top Secret (1974). Suite à cela, il exploite à nouveau le filon de La Panthère Rose. Il invente de nouvelles aventures pour l'inspecteur Jacques Clouseau, toujours interprété par Peter Sellers. Le succès du film Elle en 1979 lui permet de se venger du système hollywoodien avec une satire féroce à l'encontre du milieu: S.O.B. Blake Edwards persiste et signe dans cette voie de l'audace et du loufoque avec Victor Victoria (1982). Le film traite des ambiguïtés liées à l'identité sexuelle. Sous couvert de comédie, il traite de sujets de plus en plus personnels et existentiels. En 1986, That's Life illustre parfaitement cette tendance: dans ce film, il ironise avec amertume sur la mort et la maladie.

Dans les années 80 et 90, il retravaille sur les thèmes de l'alcoolisme, du milieu du cinéma et de la confusion sexuelle dans Boire et Deboires, Meutres à Hollywood et Dans la peau d'une blonde. En février 2004, un Oscar d'honneur lui est remis pour l'ensemble de sa carrière.

 


 

Silent Friend

 Silent Friend

de Ildiko Enyedi 

Mercredi 15 avril 2026 à 20h30

(sorti 1er avril 2025 - 2H27) 

 
Présentation : Vive le cinéma à Muret

Synposis : Au cœur d'un jardin botanique d'une ville universitaire allemande médiévale, un majestueux Ginkgo biloba centenaire se dresse en témoin silencieux de l'histoire. Le film suit trois récits de vie interconnectés à travers le temps :

  • 1908 : Une jeune femme déterminée lutte pour devenir la première étudiante en botanique de l'université.
  • 1972 : Un étudiant est profondément bouleversé par une expérience sensorielle et sa connexion avec le monde végétal.
  • 2020 : Un neurobiologiste de Hong Kong (interprété par Tony Leung) mène des recherches sur la perception et la conscience des plantes.

À travers ce prisme végétal, Ildikó Enyedi (réalisatrice de Corps et Âme) nous livre une réflexion bouleversante sur notre rapport à la nature, au temps et à la fragilité humaine.




Pourquoi venir à cette soirée ?

Cette projection s'inscrit dans le cadre du Festival Décalé, un rendez-vous privilégié pour les amoureux d'un cinéma qui sort des sentiers battus.

La séance sera animée et présentée par Jo LOUBET, membre passionné de l'association, qui nous éclairera sur l'esthétique singulière d'Enyedi et les thématiques spirituelles qui traversent cette œuvre magistrale. Comme toujours avec Vive le Cinéma, la rencontre se prolongera par un moment d'échange convivial.

Infos Pratiques
  • Date : 15 avril 2025
  • Heure : 20h30
  • Tarifs : Tarifs habituels du cinéma / Réductions pour les adhérents VCM (6€)
Adhésion : Pensez à renouveler votre adhésion à l'association Vive le Cinéma à Muret pour soutenir nos actions !

Venez nombreux partager ce moment de cinéma "décalé" et poétique !

The Truman Show

 

The Truman Show

de Peter Weir
Avec Jim Carrey, Laura Linney, Natascha McElhone

Dimanche 12 avril 2026 vers 18h

(sorti 28 octobre 1998 - 1H43) 

 


Présentation : Rémi Collu

Synposis : Truman Burbank mène une vie calme et heureuse. Il habite dans un petit pavillon propret de la radieuse station balnéaire de Seahaven. Il part tous les matins à son bureau d'agent d'assurances dont il ressort huit heures plus tard pour regagner son foyer, savourer le confort de son habitat modèle, la bonne humeur inaltérable et le sourire mécanique de sa femme, Meryl. Mais parfois, Truman étouffe sous tant de bonheur et la nuit l'angoisse le submerge. Il se sent de plus en plus étranger, comme si son entourage jouait un rôle. Il se sent observé...

Depuis qu'il est né et qu'un studio de télévision l'a officiellement adopté, Truman Burbank est, sans qu'il le sache, le héros d'une émission de télé-réalité filmée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 par plus de 5 000 caméras cachées, The Truman Show. Christof en est le créateur et producteur...

Voici 3 bonnes raisons de voir ou revoir ce film sorti en 1998:

  • Pour le réalisateur, Peter Weir, australien d'origine, installé ensuite aux USA, qui  avait déjà réalisé le superbe L'année de tous les dangers( 1982) et le film culte Le cercle des poètes disparus( 1989).
  • Pour Jim Carrey, magnifique dans le rôle de Truman (nom qu'on peut décomposer en true-man). Ce film est un tournant dans sa carrière. Comédien à succès de comédies basées sur un humour gestuel et de nombreuses grimaces, il change avec ce film totalement de registre, en s'investissant dans ce rôle dramatique avec un immense talent( Golden globe du meilleur acteur pour ce rôle) ce qui lui ouvre la voie vers d'autres rôles: Man on the moon( Milos Forman) et surtout Eternal sunshine of the spotless mind ( Michel Gondry)
  • Pour la multitude de pistes de réflexion qu'offre ce film au spectateur:  The Truman Show reste une critique efficace tout à la fois de l’american way of life de l’après-guerre, de l’aliénation télévisuelle, de la télésurveillance, de la télé-réalité, en même temps qu’une sorte de documentaire sur le tournage d’un film de studio à Hollywood, par exemple avec Jim Carrey. Sa pertinence, le film le doit à son dispositif( une vie filmée, une vie volée, une existence engloutie dans un décor de rêve, un libre-arbitre en forme de trompe-l'œil) et à son scénario écrit par Andrew Niccol( Bienvenue à Gattaca 1997). Et si le désir de Carrey, comédien très célèbre et très médiatique, coïncidait avec celui  de son personnage: faire l'expérience apaisante du hors champ? 




À propos du film:

Truman, vrai humain parmi des humains jouant des vrais humains de fiction rêve d’échapper au scénario parfaitement orchestré de sa vie quotidienne. Il rêve à son vrai amour dont il tente de reconstituer le visage à la manière de Zeuxis, peintre grec qui voulait peindre Aphrodite à partir des traits des plus belles femmes de Crotone. Mais à l’inverse de Zeuxis, il ne tente pas de recréer une icône à partir de femmes réelles, il veut retrouver la singularité de l’être aimé à partir des traits des icônes de la publicité. Car la publicité est devenue réelle dans cet environnement faux. Il ne faut alors pas se laisser prendre à l’immobilisme de ces images figées pour maintenir l’illusion de la perfection, il faut se mettre en mouvement, fuir et partir à la recherche des failles du système. La lumière se fait dans l’esprit de Truman, un projecteur tombe du ciel. Le ciel tombe sur la tête de Truman, il décide alors de s’emparer de l’obscurité pour s’échapper vers d’autres cieux. Car ne pas être vu, c’est pouvoir. Chose étrange pour un homme qui n’existe que parce qu’il est vu. Mais est-on vraiment vu lorsque nos faits et gestes sont mis en scène? Échapper à soi-même c’est alors provoquer l’imprévu en duel. Et quelle aventure ! Voici l’air ferme à l’horizon… Baudrillard n’écrivait-il pas sur Los Angeles, sur cette «ville d’une étendue fabuleuse, mais sans espace, sans dimension (…) cette ville {qui} n’est plus elle-même qu’un immense scénario et un travelling perpétuel». Le dôme, la demie-terre qui abrite la ville du Truman Show se trouve dans la ville du cinéma. Images, spectateurs, consommation, pour les saisir, Peter Weir a un beau coup de pinceau. Et au cas où Truman ne les revoyait pas, bonne après-midi et bonne soirée.

«Quand le producteur Scott Rudin est venu me voir, il m'a dit que Jim Carrey aimait le scénario. Et moi j'ai dit "ah bon, Jim Carrey, le mec des Ace Ventura ?", et en même temps j'ai vite senti qu'il avait cette énergie, ce visage très mobile, et que ça allait être vraiment intéressant. Puis j'ai vite compris au fil des discussions que Jim n'allait pas être disponible avant un an et demi. On m'a alors demandé si je voulais un autre acteur, et j'ai immédiatement répondu que non, c'était lui, il devait impérativement avoir le rôle.» Peter Weir

 



Biographie:

Après avoir bouclé ses études dans son Australie natale, Peter Weir s'envole pour Londres où il rédige et interprète des sketches satiriques en compagnie de sa compagne. De retour sur ses terres au milieu des années 60, il officie en tant que machiniste et régisseur de télévision, puis réalise de nombreux courts et moyens métrages.

C'est en 1974 que Peter Weir signe son premier long-métrage, la comédie burlesque et fantastique Les voitures qui ont mangé Paris, suivi du drame onirique Pique-nique à Hanging Rock et du film-catastrophe La Dernière Vague. Mais c'est en 1981, avec Gallipoli, qu'il ouvre son œuvre à un public international en recréant à l'écran la bataille du même nom.

De succès en succès, Peter Weir obtient la consécration mondiale avec Le Cercle des poètes disparus (1990), dans lequel Robin Wiliams s'illustre en professeur de littérature. N'hésitant pas à varier les registres, le cinéaste réalise l'année suivante la comédie romantique Green Card, portée par le duo Gérard Depardieu/Andie MacDowell, puis dirige Jeff Bridges en 1993 dans le drame État Second. Cinq ans plus tard, il donne à Jim Carrey son premier rôle dramatique avec le film d'anticipation The Truman Show, qui restera emblématique pour beaucoup et qui confirmera le talent du réalisateur pour dépeindre la nature humaine.