Le Lauréat

 

Le Lauréat

de Mike Nichols
Avec Anne Bancroft, Dustin Hoffman

Dimanche 29 mars 2026 vers 18h

(sorti 4 septembre 1968 - 1H46)


Présentation : Rémi COLLU

Synposis : Benjamin Braddock vient d’achever ses études couvert de diplômes. Au cours d’une réception organisée par ses parents, il rencontre Mme Robinson, une amie de ces derniers. Elle séduit le jeune homme, lui faisant découvrir les plaisirs de l’amour. Les parents de Benjamin, qui ignorent tout de cette relation, incitent bientôt leur fils à sortir avec Elaine, la fille des Robinson. Réticent au début, il s’attache rapidement à l'étudiante…

 


À propos du film:

Deuxième long-métrage de Mike Nichols après Qui a peur de Virginia Woolf ? en 1966, Le Lauréat conte le récit d’apprentissage du jeune Benjamin Braddock, superbement interprété par Dustin Hoffman dans son premier grand rôle. À travers la découverte du plaisir charnel (avec Mme Robinson) et de l’amour (avec Elaine), Benjamin tente de donner un sens à son existence et de tracer sa propre route, loin du carcan familial. Si Le Lauréat a eu un tel succès aux États-Unis lors de sa sortie, c’est parce qu’il peint avec justesse le portrait d’une jeunesse partagée entre le puritanisme de la génération précédente et la libéralisation des mœurs sur le point d’exploser. En cela, Le Lauréat est bel et bien un film de son temps, reflétant le changement de société à venir avec le «Summer of Love» de 1968 et les révoltes contre la guerre du Vietnam. En attendant, le héros interprété par Dustin Hoffman est encore à cheval entre ces deux modes de vie, ce que le réalisateur tente de montrer en multipliant les images d’enfermement: Benjamin coincé dans sa combinaison de plongée, le célèbre plan où ce dernier est pris en tenailles entre les jambes de Mme Robinson… Celui-ci doit s’extraire de ces obstacles tant physiques que moraux pour ne pas faire la même erreur que la génération précédente (comme le mariage sans amour de M. et Mme Robinson suite à une grossesse non désirée). Sous des abords de comédie, Le Lauréat est une critique subversive de la classe moyenne américaine qui remet durement en cause l’American Dream.

Le Lauréat est considéré comme l’un des films-clés ayant contribué à l’émergence du Nouvel Hollywood, avec Bonnie & Clyde d’Arthur Penn. Bien que très différentes, ces deux œuvres font preuve d’une certaine audace stylistique et remettent surtout en question l’establishment américain et le rapport au sexe. Largement influencé par le cinéma européen, notamment par la Nouvelle Vague française, Mike Nichols invente un nouveau langage cinématographique: multiplication des zooms avant et arrière, caméra subjective, montage audacieux notamment en termes de raccord, utilisation de la musique de Simon & Garfunkel qui dépasse le simple accompagnement musical et en fait l’un des premiers films «pop». Autre signe de rupture avec le cinéma hollywoodien d’alors, Le Lauréat aborde frontalement des thèmes considérés comme provocateurs – le refus de suivre les traditions familiales – et brise les tabous – la relation sexuelle explicite entre une femme mariée et un jeune de vingt ans. Le film de Mike Nichols s’amuse à détourner la narration classique pour mener le récit vers une fin ouverte, que la nouvelle génération des baby-boomers aura toute la liberté d’écrire.


Biographie:

Fils d'émigrés russes juifs, Mike Nichols passe sa jeunesse à New York. Ses études à Chicago l'amènent à rencontrer Elaine May, avec qui il crée, en 1957, le célèbre duo comique Nichols et May. Lorsqu'ils se séparent en 1961, Nichols persévère avec succès dans le théâtre, principalement dans la mise en scène.

En 1966, Mike Nichols signe son premier long-métrage, le thriller Qui a peur de Virginia Woolf ?, qui offre à Elizabeth Taylor l'Oscar de la Meilleure actrice. L'année suivante, il confirme son talent précoce de metteur en scène avec Le Lauréat, nouveau succès public qui permet à son auteur d'obtenir l'Oscar du Meilleur réalisateur et à Dustin Hoffman d'être propulsé au rang de star.

Après ces débuts fracassants, le cinéaste peine à confirmer. Dans les années 70, le thriller Le Jour du dauphin ou les comédies Catch 22, Ce plaisir qu'on dit charnel et La Bonne fortune rencontrent un accueil modeste, mais les deux derniers films cités lui permettent de débuter sa collaboration avec Jack Nicholson, qui deviendra l'un de ses acteurs fétiches.

Après huit ans de silence cinéma, Mike Nichols revient fort. En 1983, l'étouffant Le Mystère Silkwood, avec Meryl Streep, le relance. Il enchaîne avec La Brûlure puis retrouve le succès public en 1986 avec Working Girl, où la turbulente ascension professionnelle vécue par Mélanie Griffith.


 

Presque Libre

 

Presque Libre

d'Olivier Bertrand

Dimanche 29 mars 2026 à 10h30


La projection de Presque libre sera précédée d’un court métrage documentaire de Pascal Marc, intitulé La vie du dehors.

Réservation en cliquant ici ou sur une image : 10 premières réservations offertes aux adhérents de Vive le Cinéma à Muret (https://ouvaton.link/L1GmaB)

 
Présentation : Christian VALADE

Synposis : Dans la Montagne noire, une ferme accueille des hommes sortant de longues peines de prison. Pendant deux ans, ils viennent travailler au maraîchage, au bûcheronnage, pour réapprendre la liberté, apprivoiser la vie sans barreaux, sans gardiens. Ils vivent sous le regard du village, avant d'affronter celui que la société pose sur d'ex-détenus. Certains rechutent. Les autres se débarrassent des codes de cet univers carcéral qui vous colle à la peau, après de longs séjours.

À propos du film:

Réalisé par Olivier Bertrand, Presque Libres, donne à voir, pendant 52 minutes, le parcours de ces hommes, et particulièrement celui de Karim, de Sébastien et de Sophiane, à travers leur cheminement vers la réinsertion, teinté de doutes et d’espoir.

Le réalisateur a travaillé le projet en immersion durant trois ans, au contact des hommes accueillis au sein de la ferme Emmaüs et de l’équipe qui les accompagne. Il a souhaité témoigner de l’état d’esprit que traversent les personnes détenues en fin de peine et interroger la manière dont se prépare leur sortie définitive.

Biographie:

Olivier Bertrand, né le 1er avril 1964, est un journaliste et réalisateur français. En 2000, il devient correspondant pour Libération à Lyon où il restera 10 ans. Ensuite, il s’installe à Marseille et relate pour le journal l’actualité de PACA et de la Corse. Parallèlement, il réalise plusieurs documentaires pour la télévision comme Un soir d’été, Un étranger et Vaulx-en-Velin, la cité retrouvée. En 2015, après 23 ans à Libération, il quitte le journal pour co-fonder Les Jours, un site web d’informations. Le 11 novembre 2016, alors qu’il effectue un reportage dans la province de Gaziantep en Turquie, il est arrêté et placé en garde à vue par autorités turques, officiellement pour ne pas avoir demandé d’accréditation à la Direction générale de la presse et de l’information pour un reportage près de la frontière syrienne. On lui reproche aussi des écrits en faveur de la confrérie de Fethullah Gülen, instigateur désigné de la tentative de coup d’État de 2016 en Turquie. Il est libéré trois

jours plus tard et expulsé vers la France.

Court métrage 

La projection de Presque libre sera précédée d’un court métrage documentaire de Pascal Marc, intitulé La vie du dehors.

Ce court métrage évoque avec une grande pudeur la difficulté de « vivre dehors » lorsque l’un des parents est incarcéré : la solitude, l’éloignement géographique, la charge quotidienne pour la mère, le lien fragile avec les enfants, et l’usure du temps. Il met en lumière l’impact de l’incarcération non seulement sur la personne détenue, mais aussi sur celles et ceux qui restent, souvent invisibles.


Soirée espagnole du 7 avril 2026

Les associations Associations des Arts et Loisirs & Vive le Cinéma Muret vous invitent à une soirée espagnole le 7 avril 2026 à partir de 17h30, avec deux films en avant première et un repas espagnol.

Organisation
  • 17h30 -  Un Poète de Simón Mesa Soto
  • 20h – Dîner espagnol
  • 21h – Les Dimanches de Alauda Ruiz de Azúa
  • Réservation

À l’affiche :

  • 17h30 -  Un Poète de Simón Mesa Soto avec Ubeimar Rios, Rebeca Andrade, Guillermo Cardona
  • Présentation
  • Synopsis :  Un poète désabusé voit sa vie transformée par la rencontre d’une adolescente au talent d’écriture exceptionnel


En savoir plus

Un Poète, réalisé par Simón Mesa Soto, propose un portrait sensible et mélancolique d’un homme qui persiste à croire à la poésie dans un monde qui semble ne plus lui faire de place. Le film met en scène un personnage fragile et profondément humain, interprété par Ubeimar Rios, entouré notamment de Rebeca Andrade et Guillermo Cardona.

L’histoire suit un homme qui se définit avant tout comme poète, mais dont la vie est marquée par la précarité, les doutes et les désillusions. Dans une société dominée par l’efficacité et la réussite matérielle, sa fidélité obstinée à la poésie apparaît presque comme un acte de résistance. Entre rêves et réalité, il tente de préserver un espace intérieur où les mots et l’imaginaire conservent leur pouvoir.

La mise en scène de Simón Mesa Soto privilégie les instants du quotidien, les silences et les regards. Cette approche intimiste donne au film une grande authenticité et invite le spectateur à partager la sensibilité de son personnage. L’interprétation tout en retenue d’Ubeimar Rios renforce cette impression de vérité et de proximité.

Né à Medellín, Simón Mesa Soto s’est fait connaître internationalement avec son court métrage Leidi, Palme d’or du court métrage au Festival de Cannes en 2014. Avec Un Poète, il poursuit son exploration d’un cinéma profondément humain, attentif aux existences modestes et aux rêves fragiles.

À travers ce film, le réalisateur rappelle que la poésie ne se limite pas aux livres : elle peut aussi surgir dans les gestes simples, dans les rencontres et dans la persistance d’un regard sensible sur le monde. Un Poète apparaît ainsi comme une œuvre délicate et profondément émouvante, qui interroge la place de l’art et de la création dans notre société.

20h – Dîner espagnol

  • Anchois marinés, jamon y queso sur pan con confit de tomate
  • Patatas bravas, chorizo chaud au vin rouge, salade mesclun
  • Dessert "Brazo de gitano"
  • Pain
  • Vin rouge ou vin blanc

21h – Les Dimanches de Alauda Ruiz de Azúa

  • Présentation
  • Synopsis : Ainara, 17 ans, annonce à sa famille son souhait d’entrer au couvent, bouleversant l’équilibre familial.

En savoir plus

Le film Les Dimanches, réalisé par la cinéaste espagnole Alauda Ruiz de Azúa, s’inscrit dans la continuité d’un cinéma intimiste qui observe avec finesse les relations familiales et les transformations intérieures des personnages.

Le récit se déploie autour d’un rituel simple : les réunions familiales du dimanche. Ces moments apparemment ordinaires deviennent peu à peu le théâtre d’émotions plus profondes. Derrière les conversations banales, les gestes quotidiens et les silences se révèlent les tensions, les interrogations et les aspirations de chacun.

Comme dans son précédent film Cinco lobitos, qui avait été très remarqué pour son regard sensible sur la maternité et la transmission, la réalisatrice s’intéresse ici aux liens invisibles qui unissent les membres d’une famille. Elle filme avec délicatesse les moments de fragilité, les doutes, mais aussi les élans d’affection qui traversent les relations familiales.

La force du film réside dans sa capacité à transformer un cadre familier en espace de réflexion sur la vie adulte. Les dimanches deviennent un temps suspendu, où les personnages prennent conscience de leurs choix, de leurs responsabilités et de leurs désirs parfois contradictoires. Les non-dits, les regards et les silences en disent souvent plus que les paroles.

La mise en scène privilégie la proximité avec les personnages. La caméra observe les gestes simples : un repas partagé, une discussion dans la cuisine, un moment de solitude. Cette approche donne au film une grande authenticité et permet au spectateur de reconnaître des fragments de sa propre histoire familiale.

Avec Les Dimanches, Alauda Ruiz de Azúa confirme son talent pour filmer l’intime. Son cinéma, à la fois discret et profondément humain, explore les transformations silencieuses qui façonnent nos vies. Le film rappelle ainsi que les grands bouleversements existent souvent dans les moments les plus ordinaires.

Ce regard sensible sur la famille et le temps qui passe fait de Les Dimanches une œuvre touchante et universelle, où chacun peut retrouver un peu de sa propre histoire

Tarif : 38 € (comprenant les deux films + le repas)

Réservation obligatoire avant le 3 avril sur le site de Vive le Cinéma Muret (dans la limite des places disponibles). Un billet électronique vous sera envoyé par e-mail avec QR code. Il sera également possible d’acheter des places pour les films directement sur le site de Véo Muret.

Venez vivre une immersion espagnole à travers le cinéma et la gastronomie !